lundi 2 septembre 2013

Moi & Moi

La solitude

Avec le recul, je me rends compte combien la solitude a toujours été mon parcours, ma vie, mes choix.

Je suis en permanence en proie à la solitude, toujours attirée par la forêt, toucher la mousse, sentir cette odeur d'humidité, de voir des animaux, de me recueillir, de partager avec mes animaux totem des moments extraordinaires, et mes esprits guides. Comment puis-je vous expliquer ? Lorsque je me projette dans l'autre monde, je peux guérir, réagir contre un esprit malveillant, me recueillir devant des esprits qui m'aident à avancer, partager des moments plus que magiques, mais je peux aussi me projeter dans des endroits qui ressemblent aux nôtres, forêts, rivières, églises, monuments ... Ces moments-là sont intenses à chaque fois et alimentent ma foi en la vie, comme une romance, un fleuve qui coule sereinement, un vent qui vous caresse le visage. Cette faculté de me situer dans un état de conscience et en plus de profiter d'un endroit merveilleux où je peux me reposer, méditer, ça n'a pas de prix. Dans l'au-delà, ce qu'il faut savoir, c'est que je vois et entends, je sens.

A 42 ans, je remercie mes esprits guides, de m'avoir donné l'essentiel : l'amour de la vie, j'ai passé bien évidemment des épisodes douloureux et inconfortables, mais peu importe. Aujourd'hui, leurs présences sont vitales ! Ils m'ont formé pendant toute cette période de solitude, soutenus (je peux leur parler à tout moment et eux de mêmes) en bref la solitude est essentielle pour communiquer dans l'au-delà et être en accord avec les traditions chamaniques des esprits qui m'accompagnent.

Mes parents ont été à mes côtés et je pense qu'ils n'ont pas su comprendre ma solitude, cela leur faisait peur ! Ils pensaient sûrement au mal-être, de l'adolescente ; j'étais une enfant comme retirée du monde, je voyageais énormément dans ma tête, je rêvais (je pensais rêver), toute cette période qui a duré plus de 20 années ont déstabilisé mes parents et je m'en excuse de tout mon être. Etre parent d'un ou d'une enfant chamane choisi(e) à la naissance et vivant dans ce siècle est une douleur sans nom, c'est dur, long, incompréhensif, l'isolement est naturel pour nous chamanes mais contradictoires pour les proches.

Aujourd'hui, je rends hommage ... à mes parents .... à ma famille .... et à celle que mon coeur n'oubliera jamais Mamie Anne-Marie Chamand de La Réunion.